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Et le self marketing sera ...
Un self marketing est en gestation, chacun détient pas
sa présence virtuelle, ses actes, ses écrits ses
productions diverses (les « Proams » ou amateurs professionnels)
la possibilité d'être son propre ambassadeur, acteur
de sa propre vie en maitrisant ses discours, ses promesses (mon
identité, mes compétences et savoirs faire, mes
ressources, mes liens, mes contacts...). Nombreux sont les outils
et plateformes permettant de gérer son identité,
sa présence numérique, ses données, sa réputation
et d'être enfin sa propre marque. D'habiles stratégies
de communication personnelles, de tactiques connectives deviennent
alors possibles pour faire savoir son savoir faire et savoir être.
Auto buzz, auto référencement, cross linking, essaimage
ou focalisation de ses productions de ses contacts de ses réseaux
sont autant de façon de se positionner et de s'inventer
voir ré-inventer sur Internet. Demain comme consommateur
j'aurais le choix entre co-produire et répondre à
mes désirs mes besoins...seul ou à plusieurs en
sortant du système top -->down" actuel, je pourrais
aussi négocier les données qu'une marque souhaite
avoir sur moi non pas en cadeau et autres avantages mais en argent
avec un prix de cession de mes données.
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Nous passons d'une logique de marketing de l'individu («
indivisible », tel l'atome insécable de Démocrite»)
à une logique de marketing de la personne (du latin «
Personna » qui correspondait aux multiples masques -rôle
?- des acteurs antiques) inapte à capter un client insaisissable
dans quelques données quantitatives et simplistes. Le défi
serait «d'embrasser » dans toutes sa multi- dimensionnalité
ce fameux client au « génotype » partiellement
appréhendable et au phénotype introuvable ».
Ce qui revient à dire plus simplement que les outils d'études
et d'observations (type quanti : Crm, datamining...) atteignent
leurs limites et même si ils ne sont utilisés que
pour ce qu'ils sont, ils demeurent des discours quasi holistes,
universalisants voire systématiques quant aux miracles
que pourraient accomplir ces solutions.
- La
segmentation (réduction/ dijonction vs reliance/conjonction)
a-t-elle encore un sens ?
- Le
H to H (Human to Human) n'a jamais été
autant d'actualité et qui peut incarner un Marketing
« incarné" mieux que le client incarné
?
- Les positions, transitions, avatars, prises de parole, capacités
d'agir, les multi-vies, qu'elles soient réelles simulées
et/ou virtuelles (cf 2nde life et autres outils synchrones de
communication types messengers...) ne font que renforcer l'obsolescence
de certaines pratiques unilatérales, top-down en marketing.
Vers un « auto, un self -branding
»
L'heure est à s'inventer soi même que ce soit pour
:
- Créer, promouvoir, son activité, ses contenus,
son propre emploi, sa notoriété, son image , sa
réputation
- Etre fin, moyen, chaînon de sa propre chaîne
de valeur, potentiellement co-partageable
- Créer des savoirs et des concepts dynamiques, innovants
intégrant le « complexe » loin des savoirs
sédimentés, figés (« morts »)
encore trop souvent enseignés dans les formations traditionnelles
ou diffusés par des médias conformistes ou auto-répliquant
- Etre sa propre marque ("Being Brand", "Me
Brand") sa propre promesse, construire sa prise de parole
et sa légitimité sur le Net et par contre coup,
ailleurs (l'un nourrissant l'autre et inversement) et la livrer
aux suggestions, remarques, critiques, jugements de ses pairs
ou de cibles élargies
- La gestation en cours d'open ID (identifiant universel sur
le Web)...est une modalité technique et pratique de gestion,
d'encapsulation et de déploiement de son identité,
de sa traçabilité et de sa présence sur
le web mais elle n'est pas suffisante car à l'instar
d'une marque qui n'aurait rien à dire et dont l'image
s'étiolerait, l'internaute porteur de sa propre marque
identité, ne pourra pas être spectateur passif
de sa propre existence virtuelle et devra constamment se renouveler
afin de rester audible et crédible.
Individualisation versus individuation
Pour comprendre cette notion de Self marketing et d' « auto
branding » il faut avoir aussi conscience de la différence
entre individualisation et individuation
- L'individualisation est l'apanage classique du marketing direct,
du One to One (mythe ou réalité ?) et fleure
bon l'aspect programmatique des sempiternels programmes de fidélisation
et autres courses à la prime, et pseudo personnalisation.
Le prédictif (scoring et modélisation à
la Kohonen et autres réseaux neuronaux) sont inaptes
à intégrer : le complexe, l'incertitude (au-delà
des marges classiques) ,les transitions de phases dans les moments
de vie (évènements heureux ou accidents de vie)
d'un client
- L'individualisme est inscrit dans une logique binaire Moi
ou la collectivité
- L'individuation elle, impose la distanciation et la différenciation
entre sujet client et objet client, elle inscrit le sujet comme
à la fois individu (le local) et/avec la collectivité,
la communauté (le global) tout est dans le flux, la navette
négocié et "interactivée" entre
les divers niveaux d'observation (études) et d'actions
(marketing opérationnel)
Un marketing chemin faisant
Je pense que nous nous orientons vers un marketing qui s'auto
construit « chemin faisant », loin des programmes
et autres tentatives plannificatrices, il y a quelque chose de
quantique, de chaotique dans cette vision car elle suppose que
plus rien n'est prévisible (en dehors du probable), projetable,
et toutes actions inutiles (CQFD)
Plasticité du système Marketing
client
Rien n'est plus donné tout est construit, négociable
et l'humeur vagabonde d'un client qui s'affranchi, laisse perplexe
quand au raison d'être de nombreuses actions marketing.
Nous pensons avec qu'il s'agit aussi moins d'apprendre SUR le
client que DU client, une logique "Knowledge Marketing"
plus amont (voir les
travaux d'Oleg curbatov) qui change tout, puisque le client
devient non plus seul fin mais générateur, processus,
initiateur amont et producteur. Nombres d'acteurs protègent
encore leurs plates-bandes en déshérence progressive
et à l'instar des douloureuses mutations de l'économie
française dans son passage de l'ère industrielle
à l'ère des services, nombre de secteurs, métiers,
fonctions,.. (dont les productions sont notamment dématérialisables...)
vont avoir à se revisiter (démarche épistémologique)
se repositionner, se transformer, (désintermédiation
, ré-intermédiation,...) bref eux aussi devront
se réinventer.
Plus loin encore pour dire la déflagration possible, nous
pensons que la notion même d'Entreprise comme unité
de « collaborants » , d'espace, de temps ... explosera
à terme au profit de champs collaboratifs inter-reliés,
chacun pourra être, entre autre chose, son propre marketer
hypermobile que ce soit pour vendre un projet, chercher un emploi,
et adopter des stratégies adaptatives diverses (professionnelles
et parfois privées).
Tous noéticiens...?!
On comprend l'impérieuse urgence de revisite du marketing
(nouveau marketing ou renouveau ?) mais cela va bien au delà.
A l'âge de la Noosphère
devenons Noéticiens loin des discours et méthodes
« en boîte », réapprenons à penser
et réfléchir compte tenu du paradigme du complexe,
du transversal, des phénomènes communautaires, intégrons
la dimension sociétale (Bernard
Cova parlait déjà de « Societing » il
y a plus de 10 ans) nous n'échapperons pas au-delà
d'un nouveau nom pour désigner le Marketing (si les marchés
sont aussi des conversations le "Market" du mot Marketing
n'a déjà plus le même sens...), à une
revisite des fondements même de la discipline (démarche
épistémologique) qui n'en n'est plus une car devenue
trans/multi/discipline, et pervasive (continuum société-marché-client-personne/individu...).
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