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Le but de chaque société est de gagner de nouveaux clients et surtout de les conserver. Dans les marchés ultra compétitifs, il est leur est difficile de se différencier par le produit. Ces dernières ont donc changé d'orientation pour se tourner vers leurs clients et s'emploient à créer avec eux une véritable relation fidélisatrice. Cette relation dépend grandement de l'expérience que le client vit avec la société, notamment au travers du personnel front office. Nicoletta Micaccia étudie ici l'importance de la motivation de ce personnel dans la relation client

 

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Par Nicoletta MICACCIA, ESC Toulouse,

 
Le Marketing des ados quelles clés de succès
la motivation des employés de front-office est un élément crucial du CRM

GESTION DE LA RELATION CLIENT : L'IMPORTANCE DE LA MOTIVATION DU PERSONNEL FRONT OFFICE DANS LES SOCIETES DE SERVICES

Le but de chaque société est de gagner de nouveaux clients et surtout de les conserver. Dans les marchés ultra compétitifs, il est leur est difficile de se différencier par le produit. Ces dernières ont donc changé d'orientation pour se tourner vers leurs clients et s'emploient à créer avec eux une véritable relation fidélisatrice. Cette relation dépend grandement de l'expérience que le client vit avec la société, notamment au travers du personnel front office. Nicoletta Micaccia étudie ici l'importance de la motivation de ce personnel dans la relation client.

 
 
   
 

TABLE DES MATIERES

INTRODUCTION

Dans les sociétés de services, l'expérience vécue par le client avec le personnel front office revêt une importance supérieure. Les services étant caractérisés par l'intangibilité et l'inséparabilité de la production, la vente et la consommation du service, la qualité perçue par le client sera basée essentiellement sur la qualité de la prestation qui tient à la manière dont le personnel l'accomplit. La visibilité extérieure d'une société de services est étroitement associée au personnel front office. Si le personnel n'apporte pas la qualité de service attendu par le client, c'est l'image institutionnelle de l'entreprise qui s'en trouve entachée. La prestation fournie par le personnel front office se doit donc d'être excellente. Or, un collaborateur démotivé fournira une qualité de service minimum, voire une mauvaise prestation. La démotivation peut mener, par ailleurs, à la démission.

Si le turn-over, de façon limitée, peut être utile pour apporter du sang nouveau dans une équipe, il peut s'avérer préjudiciable pour la relation client lorsque la relation personnelle est forte. Pour les sociétés de services qui institutionnalisent une relation privilégiée entre un client et un interlocuteur, telles que les banques, en cas de départ de ce dernier, même si l'image de l'entreprise reste intacte, il faudra reconstruire la relation avec un autre interlocuteur afin que le client accorde encore sa confiance et ne parte pas à la concurrence. La motivation du personnel front office est donc un problème crucial pour les sociétés de services. Elles ne peuvent se permettre de considérer la politique des ressources humaines comme une fonction annexe. C'est en fait une question stratégique pour les dirigeants. Si l'importance de ce sujet, pour les sociétés de services en particulier, est évidente, la réponse à apporter à la question " comment maintenir la motivation du personnel front office ? " est loin de l'être. Nous tenterons néanmoins d'y répondre en analysant tour à tour, l'importance du recrutement et de la formation du personnel front office, le rôle stratégique tenu par les managers et les sources de motivation sur lesquelles les sociétés de services peuvent agir. Nous considérerons enfin les solutions à envisager lorsque la motivation disparaît.

 
   


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I. L'IMPORTANCE DU RECRUTEMENT ET DE LA FORMATION DU
PERSONNEL FRONT OFFICE menu

Beaucoup de sociétés se posent la question suivante : " comment motiver le personnel ? ". La formulation est erronée. Il faut au contraire se demander " comment maintenir la motivation du personnel ? ". Il est indispensable que les entreprises s'inquiètent de la motivation du personnel pour le poste à pourvoir avant même de l'intégrer dans une équipe.

A) LE RECRUTEMENT DU PERSONNEL FRONT OFFICE

Richard Norman introduit dans son livre " Le management des services - Théorie du moment de vérité dans les services " une notion intéressante : " la conception du personnel ". Selon lui, " la conception du personnel de l'entreprise fait référence au degré et au type d'adéquation entre les particularités d'un groupe de personnes, dans leur vie et dans leurs besoins, et les conditions de travail ou le contexte que l'entreprise offre à ce groupe, tout en poursuivant l'intérêt de ses activités."

En d'autres termes, selon leur situation sociale, leur âge et leur style de vie, les personnes ont des besoins, des motivations et des ambitions différents. Elles ne mobiliseront leur énergie pour l'entreprise que si les tâches et les activités requises coïncident, d'une certaine manière, avec leurs besoins individuels. L'auteur donne plusieurs exemples, dans plusieurs secteurs, pour étayer son concept. Nous en retiendrons deux qui nous paraissent particulièrement intéressants pour sa compréhension.

Le premier exemple concerne une entreprise britannique de distribution qui cherchait systématiquement à recruter des femmes brillantes, d'environ quarante ans, qui ne se satisfaisaient pas d'une vie d'épouse bourgeoise. Bien encadrées, ces femmes étaient en effet capables de consacrer une grande énergie au travail même le plus simple car il représentait pour elles un moyen d'émancipation et de progrès personnel.

Le deuxième exemple est en réalité un contre-exemple. Il met en scène une petite chaîne hôtelière spécialisée dans l'accueil de conférences de prestige qui recrutait systématiquement ses hôtesses en milieu social élevé. L'entreprise eut petit à petit la réputation d'offrir un service de mauvaise qualité dans une ambiance désagréable, ce qui ne manqua pas d'affecter sérieusement ses résultats. L'analyse montra que la plupart des participants aux conférences étaient issus de couches sociales moins élevées que les hôtesses, ce qui conduisait ces dernières à les considérer avec mépris.

Lors de chaque recrutement, le manager devra donc s'assurer, non seulement, que le candidat a les compétences nécessaires pour occuper le poste, mais aussi que le poste à pourvoir soit en totale adéquation avec les aspirations du candidat. Trop souvent, les sociétés se voient dans l'obligation d'embaucher des candidats qu'elles n'estiment pas avoir le profil requis par manque de candidatures valables. Cette solution est à éviter, surtout pour un poste en relation avec la clientèle. Notre premier conseil est bien entendu de gérer le besoin de main d'œuvre sur le long terme et d'anticiper les recherches. Dans les situations les plus urgentes, il est tout de même préférable de poursuivre la recherche, en l'élargissant géographiquement par exemple, et de prévoir des solutions temporaires telles que des heures supplémentaires rémunérées assurées par le reste de l'équipe plutôt que de se résoudre à embaucher un élément peu satisfaisant. N'oublions pas qu'en Europe, et plus particulièrement en France, les salariés sont extrêmement bien protégés. Il n'est pas si facile de les congédier même lorsque cela est justifié. Il est donc préférable de se donner les moyens d'être exigeants dès le départ plutôt que de mettre la relation client entre les mains d'un élément peu valable, même pour une courte durée.

Il faut éviter de faire des concessions pour des postes d'une telle importance. Cette affirmation peut paraître excessive car ces postes sont souvent, d'un point de vue statutaire et salarial, les moins considérés dans les sociétés mais elle correspond à la réalité. Une société de services peut proposer la meilleure offre du marché, se doter d'une équipe commerciale efficace, si le personnel front office n'offre pas une prestation au minimum correcte, cette société ne rencontrera jamais le succès escompté. Une fois le personnel recruté, il faut le former pour qu'il puisse remplir parfaitement son rôle d' " ambassadeur " de l'entreprise.

B) LA FORMATION DU PERSONNEL FRONT OFFICE menu

Souvent les sociétés considèrent les dépenses destinées au développement des ressources humaines comme un coût. Il faut au contraire les considérer comme un investissement car le savoir faire et l'expérience du personnel dans la gestion de la relation client fait parti du capital de l'entreprise, surtout dans les sociétés de services. Pour disposer d'un personnel compétent et motivé, il faut le former, techniquement bien entendu, mais pas seulement.

1) Pour maîtriser la relation client

Dans un contexte de concurrence forte, les clients se montrent de plus en plus exigeants. La tâche du personnel front office n'est pas toujours aisée. Il est donc important de former ce personnel pour qu'il apprenne à gérer la relation client, surtout avec les clients dits difficiles. De nombreuses sociétés forment ainsi leurs équipes front office à l'analyse transactionnelle et/ou à la connaissance de soi. En maîtrisant cette relation, le collaborateur saura réagir avec discernement face à une situation difficile. Il saura également prendre le recul nécessaire et sera ainsi beaucoup moins stressés. Il faut effectivement tenter d'enrayer les expériences négatives avec la clientèle, en donnant au personnel les moyens de l'éviter. La multiplication de ces expériences négatives pourrait en effet entacher le plaisir du contact avec la clientèle et atteindre la motivation du collaborateur.

2) Pour comprendre l'importance de la relation client

Affirmer que le client est important et qu'il faut lui apporter toute l'attention est évident. Tellement évident qu'on oublie d'en expliquer les raisons. Comme nous l'avons déjà indiqué, aujourd'hui, les entreprises se détournent de l'importance primordiale qu'elles accordaient au produit pour prêter davantage attention aux clients. Il est devenu tout aussi important pour elles de fidéliser leurs clients que d'en chercher de nouveaux. Mais les collaborateurs front office ont-ils seulement conscience de l'importance de la relation client? D'une façon générale, les salariés front office qui ne subissent pas d'incidence suite au départ d'un client ne font pas même l'effort de le retenir en cas de mécontentement. Il faut les sensibiliser aux enjeux de la fidélisation et leur inculquer la valeur du client. Se sont des notions simples, mais que les collaborateurs qui n'ont jamais étudié les bases du marketing ignorent. Cette ignorance est fâcheuse car ils n'ont pas conscience qu'en ne faisant pas l'effort de retenir les clients, ils contribuent à l'échec de l'entreprise.

En communiquant sur les stratégies et les objectifs de l'entreprise, en expliquant à chaque collaborateur comment il peut contribuer à sa réussite dans le cadre de son travail, les entreprises motivent leurs salariés. Ils réalisent ainsi que la tâche qu'ils accomplissent quotidiennement s'inscrit dans un ensemble d'actions qui ont toute le même but, la réussite de l'entreprise. Les collaborateurs n'apprécient guère d'être considérés comme des pions sur un échiquier, dont ils ne connaissent pas même les règles du jeu. En donnant du sens à leur travail, l'entreprise contribue indéniablement à leur motivation. S'il est important d'engager du personnel motivé et de le former, il faut ensuite maintenir la motivation. Les managers sont les plus à même d'y contribuer au quotidien.

II. LE ROLE STRATEGIQUE DES MANAGERS menu

Les sources de motivation ne sont ni uniques, ni pérennes, ni immuables. Il est donc impossible de prescrire une recette miracle, applicable indifféremment à tous les salariés ou dans le temps. Les entreprises doivent connaîtrent les motivations individuelles de chaque salarié et l'évolution dans le temps de ces dernières. Cette tâche parait ardue mais elle n'est pas impossible.


A) IDENTIFIER LES MOTIVATIONS INDIVIDUELLES DES COLLABORATEURS

De nombreuses entreprises entreprennent régulièrement des enquêtes sociales. Si ces enquêtes sont utiles pour jauger le climat social général, les requêtes et insatisfactions collectives, elles ne permettent pas de connaître les motivations individuelles. Seules les managers, par l'observation et l'écoute quotidiennes, peuvent connaître individuellement leurs collaborateurs et leurs motivations. Cependant, sonder les motivations d'autrui n'est pas chose aisée. Le premier travers dans lequel peuvent tomber les managers est d'attribuer leurs propres motivations à leurs collaborateurs. Dans ce cas, ils ne feront pas même l'effort de chercher à connaître les motivations des salariés car ils seront convaincus de déjà les connaître. Un autre obstacle survient lorsque les collaborateurs ne sont guère communicants. Il appartient alors aux managers de recueillir, lors de chaque échange, toutes les informations qui leur permettront de déterminer ce qui pousse ces collaborateurs à agir et deviner les motivations qui les animent.

Il ne faut cependant pas croire que la tâche est plus facile avec les collaborateurs qui affirment ouvertement leurs motivations. En effet, il est difficile d'analyser, même avec de longues réflexions personnelles, les raisons profondes, inconscientes, qui nous poussent à agir. Les managers ne doivent donc pas se contenter des affirmations de leurs collaborateurs, ils doivent s'assurer qu'elles correspondent vraiment à la réalité. Apprendre à connaître et juger les collaborateurs, et plus précisément les motivations de ces derniers, n'est pas une qualité innée. Les seuls remèdes sont l'apprentissage et l'expérience. Les entreprises doivent donc sensibiliser et former leurs managers à la question de la motivation. Lorsque ces motivations individuelles seront identifiées, les managers devront adapter leur management à chaque individu et créer les conditions indispensables à la motivation.

B) LES CONDITIONS DE LA MOTIVATION menu

Le processus de motivation est déclenché par une série de conditions et n'est pas seulement une caractéristique personnelle. Les managers ne motivent pas, à proprement parler, leurs collaborateurs mais créent les conditions dans lesquelles ces derniers pourront trouver une réponse à leurs motivations. Il n'existe pas une seule méthode pour créer les conditions de la motivation. Chaque collaborateur ayant des motivations diverses, les managers devront s'adapter à chaque cas. Ils devront par exemple responsabiliser davantage ceux qui sont motivé par les nouvelles responsabilités ou, au contraire, ne pas donner trop de responsabilité aux personnes qui sont motivés par des tâches simples et facile d'exécution. Certaines conditions sont cependant indispensables à la motivation de tous collaborateurs.

En premier lieu, les managers doivent reconnaître la qualité du travail de chaque collaborateur et les efforts fournis. Ils doivent passer autant de temps à dire ce qui va que ce qui ne va pas.
Ils doivent également communiquer. De nos jours, de nombreuses entreprises laissent la charge de la communication au personnel encadrant pour des raisons matérielles. Il est, en effet, impossible pour les dirigeants de communiquer avec chacun des employés dans les grandes structures, notamment lorsque certaines entités sont décentralisées. Le personnel encadrant est ainsi le principal relais de la communication. Les managers devront instituer d'une part une communication descendante pour communiquer, et non pas seulement informer, sur l'entreprise : ses valeurs, ses objectifs, ses stratégiesafin que chaque collaborateur puisse s'insérer dans cet ensemble.

Ils devront également assurer une communication ascendante. Les managers doivent organiser des moments de liberté d'expression collective ou individuelle. Cela leur permet de garantir les conditions d'une bonne communication. Dans le cas contraire, les collaborateurs finiront par s'exprimer mais dans des conditions que les managers ne maîtriseront pas. Cela leur permet, par ailleurs, d'enquêter sur les motivations de chaque collaborateur, de stimuler et de détecter les éventuels motifs d'insatisfaction qui conduisent à la démotivation. Ils doivent aussi faire confiance à leurs collaborateurs. Tous les spécialistes de la psychologie du travail s'accordent à dire qu'il n'y a pas de motivation sans confiance. Les collaborateurs doivent disposer de leur propre espace d'action pour lequel ils savent qu'ils bénéficient de la confiance de leur manager, sous forme d'objectifs clairs et réalistes.

Ils doivent enfin veiller à l'ambiance dans l'équipe. Les collaborateurs ne peuvent être motivés dans un environnement négatif. Les managers devront donc agir sur les problèmes susceptibles de perturber le niveau de motivation de leur équipe et organiser des activités fédératrices.
Pour réussir dans cette entreprise difficile, les managers doivent avoir certaines qualités qui, bien que primordiales, ne seront pas suffisantes. Les sociétés devront aider ces managers en les formant, notamment en matière de communication. Elles devront ensuite s'assurer que les managers maîtrisent réellement leur rôle de motivateur.

C) L'EVALUATION DES MANAGERS

Quelques entreprises ont institué une évaluation à 360° pour les managers. C'est en effet une démarche très sensée. Premièrement, les subordonnés sont les plus à même de juger du pouvoir motivateur de leur manager. Par ailleurs, dans les organisations décentralisées, le responsable hiérarchique n'est pas en contact permanent avec le manager, il ne peut donc l'évaluer quotidiennement sur le terrain. L'évaluation des salariés reste donc un bon indice même s'il doit être analysé avec précaution.

Le but de cette évaluation à 360° doit rester pédagogique. Si le manager a une mauvaise évaluation de ses subordonnés, il ne doit pas être sanctionné. Cela représente simplement une alerte qui invite le manager à se remettre en question et à comprendre ses erreurs afin qu'ils puissent s'améliorer, par le biais de formation notamment. Il ne s'agit pas de créer un climat de suspicion à l'égard des managers, leur tâche n'étant réellement pas aisée, mais il faut rester vigilant, s'assurer qu'ils remplissent correctement leur mission car l'enjeu est important : un mauvais management implique un fort risque de dysfonctionnement dans l'équipe.
Les entreprises ne doivent cependant pas se reposer totalement sur leurs managers. Il leur appartient d'agir également sur les sources de motivation.

    
 
 

III. LES SOURCES DE LA MOTIVATION menu

Comme nous l'avons déjà mentionné, il existe plusieurs sources de motivation. En observant les pratiques actuelles des entreprises, nous considérons que les sociétés de service peuvent agir principalement sur deux points : adapter le système de rémunération et accroître l'intérêt du travail.

A) LE POUVOIR MOTIVANT DE LA REMUNERATION

Le salaire est souvent le premier élément que les employés indiquent dans les sondages relatifs à la motivation. Mais le salaire en lui-même n'est-il pas davantage un facteur de démotivation que de motivation ? Un salarié qui considère son salaire insuffisant sera assurément moins motivé à se dépasser dans son travail. Mais dans le cas contraire, un bon salaire ne garantit pas la motivation et l'implication des salariés. Le pouvoir motivateur de la rémunération réside en fait dans la différenciation. C'est davantage sa valeur subjective, la reconnaissance du travail accompli, qui est motivant au-delà de sa valeur financière. Pour preuve, les salariés ont toujours tendance à comparer leur augmentation en fin d'année. Cela leur permet de se mesurer aux autres, de se situer dans le groupe et surtout d'en déduire l'appréciation que les managers ont de leur travail.

Les salariés motivés par leur travail tireront d'ailleurs plus de satisfaction d'une augmentation financièrement peu importante, si elle reste supérieure à celle de ses collègues, que d'une rémunération financièrement importante mais bien inférieure à celle des autres.
L'égalitarisme en matière de rémunération, souvent appliqué par les sociétés dans le passé par crainte que le sentiment d'injustice ne démotive les salariés, s'est avéré contre-productif. L'égalitarisme a en fait pour conséquence de démotiver les meilleurs éléments et conduit à un nivellement par le bas : les meilleurs auront le sentiment qu'il est inutile de se surpasser car ils seront gratifiés de la même façon que ceux qui se seront contentés de faire le minimum requis. Une différenciation dans la rémunération de chaque collaborateur est donc indispensable mais pour être réellement motivante, elle doit être juste, basée sur la compétence et la réussite d'objectifs clairs et réalistes. Les sociétés doivent utiliser cette source de motivation pour encourager les comportements qu'elles souhaitent voir adopter par leurs collaborateurs. En ce qui concerne le personnel front office, leur principal objectif doit être de construire une excellente relation client par l'accueil et le conseil notamment. Il semble donc judicieux d'inclure dans l'évaluation globale du collaborateur l'évaluation de la satisfaction du client.

La plupart des entreprises mesurent la satisfaction client de façon globale et anonyme. Si cette enquête globale est un bon indicateur pour l'entreprise, elle n'a pas de réelle signification pour les collaborateurs qui ne peuvent mesurer concrètement leur contribution dans l'obtention des résultats. Par ailleurs, si les résultats étaient mauvais, les collaborateurs ne se remettraient pas forcément en cause et attribueraient ces mauvais résultats à leurs collègues. Il serait donc intéressant de conduire, en plus d'une enquête globale, une enquête personnalisée dont les résultats ne seraient communiqués qu'à la personne concernée et seraient intégrée dans l'évaluation globale du collaborateur. Il faut cependant utiliser cette évaluation avec discernement et lui donner une importance relative. Premièrement parce que la satisfaction du client n'est pas simplement le fait du collaborateur. Un client peut être insatisfait pour des raisons totalement indépendantes de la qualité de la prestation fournie par le collaborateur mais sera automatiquement plus critique à son égard. Il faut donc pondérer l'évaluation du client. Par ailleurs, si une importance trop grande était donnée à l'évaluation du client, les collaborateurs seraient enclins à rechercher systématiquement la satisfaction de ce dernier et se considèreraient davantage comme les représentants des intérêts du client. Cela peut entraîner une sur-qualité, qui induit une sous-productivité, et des conflits avec leurs managers qui eux restent garants des intérêts de l'entreprise. Au delà de la rémunération, une autre source peut motiver les collaborateurs front office : l'intérêt du travail.


B) L'INTERET DU TRAVAIL

Le travail n'est pas seulement un moyen de subvenir à ses besoins, mais également un moyen de s'épanouir. Les collaborateurs sont motivés dans leur travail dès lors qu'ils éprouvent de l'intérêt ou du plaisir à l'exercer. En ce qui concerne le personnel front office, le cœur de leur métier est le client. Il faut donc leur donner les moyens de créer une excellente relation client.
De plus en plus, les sociétés de services, surtout celles de grande taille, créent des centres d'appels pour gérer la relation client. La plupart d'entre elles ont institué l'anonymat : il n'y a pas d'interlocuteur privilégié, l'appel d'un client peut être géré indifféremment par tout les assistants. Par ailleurs, les différentes tâches sont souvent fractionnées par service (service souscription, service facturation, service réclamation).

Si ce modèle présente indéniablement des avantages tels que, la disponibilité pour client, le traitement rapide de l'appel, la flexibilité dans la gestion du temps de travail, il présente cependant des inconvénients importants, notamment sur la motivation des collaborateurs. Les collaborateurs finissent par avoir le sentiment de gérer davantage des appels ou des problèmes que des clients car il n'y a aucun suivi dans la relation. Leur travail se résume à répondre à des questions, souvent les mêmes du fait du fractionnement des tâches, et à répéter inlassablement les mêmes choses et les mêmes opérations pendant des heures.

En instituant des interlocuteurs privilégiés à chaque client (à l'occasion du premier appel du client par exemple), lorsque cela est possible, les collaborateurs peuvent créer une véritable relation avec leurs clients et les suivre dans le temps. Si par ailleurs on regroupe certaines activités, cela ajoute de la variété au travail. L'institution d'interlocuteurs privilégiés présente également un autre avantage : la responsabilisation des collaborateurs. Ils seront en effet plus attentifs à satisfaire le client, à répondre à ses attentes et à la qualité de leur prestation. Cette solution présente également de nombreux avantages dans la relation client elle-même : il sera possible ainsi de créer cette relation one-to-one tant souhaité par les entreprises. Par exemple les actions commerciales par courrier, sms, ou e-mail pourront être signées du nom de l'interlocuteur privilégié pour augmenter l'attention des clients. Si, par ailleurs, toutes les questions, ou la plupart des questions, peuvent être gérées par un seul et même interlocuteur, cela évitera de renvoyer le client de service en service comme c'est malheureusement trop souvent le cas aujourd'hui dans la plus part des grandes sociétés.

Les facteurs de motivation que nous venons d'exposer sont indispensables pour motiver le personnel. Ils ne sont cependant pas infaillibles. Nous avons déjà mentionné que la motivation individuelle n'est ni pérenne, ni immuable. La motivation du personnel est en constante évolution, pour des raisons personnelles (des changements dans la vie privée par exemple) et professionnelles (le sentiment de ne plus apprendre, entre autres, peut avoir raison des collaborateurs les plus motivés). Que faire donc lorsqu'un salarié se démotive bien que toutes les conditions nécessaires à la motivation soient réunies et que plus aucune méthode ne semble le faire " ré-agir " ?


IV. LES SOLUTIONS A ENVISAGER POUR LES COLLABORATEURS DEMOTIVES menu

L'erreur majeur dans cette situation, pour l'entreprise, et le manager en particulier, est d'occulter le problème en attendant que le collaborateur le résolve seul.
Lorsqu'un manager a le sentiment qu'un collaborateur n'est plus motivé dans son poste de travail, il doit prendre l'initiative de s'entretenir avec lui de ce sujet en faisant preuve d'une attitude ouverte et d'une écoute attentive. Cette entrevue a pour premier objectif de vérifier que son sentiment correspond à la réalité. Une baisse de performance peut avoir des causes autres que la démotivation et peuvent être passagères. Le manager devra alors faire preuve d'empathie et de compréhension. Il sera peut-être amené à prendre des mesures provisoires (allègement de la charge de travail par exemple) pour accompagner le collaborateur dans ce passage a vide et lui permettre de réagir rapidement. Cette entrevue permettra, en outre, au manager de montrer de l'intérêt à son collaborateur et de renforcer ainsi son image.
Si par contre le salarié reconnaît ne plus être motivé dans son poste et aspire à autre chose, il leur faut alors tenter de trouver ensemble une solution. Tout un éventail de solution est en effet possible. Si le collaborateur fait preuve de qualités que l'entreprise apprécie et qui lui permettront de réussir dans un autre poste ou secteur, il peut être envisagé de le nommer à un autre poste dans la société, en prévoyant si nécessaire une formation qui peut être d'ailleurs prise en charge par l'entreprise dans le cadre du DIF (Droit Individuel à la Formation), si le salarié donne son accord, ou par un organisme extérieur dans le cadre d'un congé individuel formation. Chaque partie est gagnante dans cette solution : le collaborateur pourra à nouveau s'épanouir dans son travail et l'entreprise gardera un élément intéressant qui sera à nouveau productif.

Le manager peut également inviter le collaborateur à effectuer un bilan de compétences si ce dernier ressent le besoin d'entamer une réflexion profonde sur l'évolution qu'il souhaite donner à sa carrière. Rappelons que les bilans de compétences peuvent être pris en charge par des organismes extérieurs sous certaines conditions. Cela pourrait être enfin un départ négocié si aucune autre solution n'est envisageable. Certaines entreprises bénéficient d'une image positive car elles ont la réputation de préparer le départ des salariés afin qu'il puisse se faire dans les meilleures conditions dans l'intérêt des deux parties. Rappelons que dans les sociétés de services, le besoin de personnel en contact avec clientèle peut être important et il n'est évidemment pas possible de promouvoir indéfiniment tout le personnel. Il est donc sage d'envisager le départ du personnel dans la gestion des ressources humaines.

Après cette entrevue, si le salarié refuse d'envisager ces alternatives, bien qu'il ait conscience de son insatisfaction face à la situation actuelle (les raisons pouvant être d'ailleurs légitimes comme la charge d'une famille), il faut alors lui rappeler ses obligations et engagements envers l'entreprise et les clients. Le salarié devra alors s'efforcer de trouver en lui-même de nouvelles motivations pour remplir ses objectifs. Si malgré cette initiative du manager, le salarié ne change pas d'attitude, il faudra envisager des solutions plus drastiques. Une entreprise, et ses clients, ne peuvent être les souffre-douleur d'un salarié démotivé qui ne souhaite pas se remettre en cause. Il ne faut pas se contenter de le laisser à son poste en les privant de toute possibilité d'évolution ou en leur refusant des augmentations ou primes en guise de sanction. Il faut envisager d'autres mesures qui l'empêcheront de nuire au bon fonctionnement de l'équipe et de l'entreprise. Le licenciement peut alors être envisagé si l'attitude de ce dernier le justifie.

Certaines entreprises sont réfractaires au licenciement. Le licenciement est, certes, la dernière solution à laquelle il faut avoir recours car il peut avoir des conséquences néfastes sur la motivation des autres salariés si ces derniers l'estime injustifié. Il ne faut pas créer un climat de terreur, de chasse aux sorcières sous peine de voir une équipe se liguer contre le management. Il ne faut cependant pas bannir cette solution automatiquement. Le fait de ne pas licencier un élément qui le mérite non seulement aux yeux de la direction mais également aux yeux de l'équipe, peut avoir des conséquences tout aussi néfastes sur la motivation des autres salariés. Si une personne qui ne remplit pas les objectifs qui lui sont assignés n'est pas sanctionnée, cela démotive les autres salariés qui eux respectent leur engagement. Pire, cela peut créer des émules. Les salariés ne doivent pas avoir le sentiment que le pire qu'il puisse leur arriver est d'être " mis au placard " car c'est malheureusement une situation qui convient très bien à certaines personnes. Chaque partie doit prendre ses responsabilités.

D'un coté, l'entreprise ne peut se contenter d'inviter les salariés qui ne sont plus motivés à démissionner. C'est malheureusement le cas de la grande majorité des entreprises aujourd'hui. Elles préfèrent attendre que le salarié se décide à partir de lui-même plutôt que de négocier des indemnités de départ. Or, beaucoup de salariés en France ne démissionnent pas car, en cas de départ volontaire, ils ne sont pas pris en charge par les organismes de chômage et ils n'ont souvent pas les fonds nécessaires pour subvenir temporairement à leurs besoins ou envisager une formation. Il restent alors à leur poste et effectuent un travail médiocre. Les entreprises doivent prendre conscience qu'elles perdent beaucoup plus d'argent en continuant à payer les salaires (et les charges sociales) de salariés peu productifs sans oublier que l'attitude parfois négative de ces salariés peut avoir des conséquences encore plus fâcheuse sur la relation avec la clientèle. Rappelons que le coût de reconquête d'un client perdu est important. Il est donc préférable de se séparer amiablement d'un salarié qui n'est plus motivé en négociant des indemnités de départ, souvent peu conséquentes d'ailleurs, plutôt que de maintenir une situation insatisfaisante pour les deux parties. Les entreprises peuvent craindre, en adoptant cette attitude, que cela ne devienne la norme et de subir les demandes incessantes (voire le chantage) de salariés qui veulent partir. Le risque n'est cependant pas si un important car un départ négocié en France ne confère pas plus de droits aux indemnités de chômage qu'une démission : le départ négocié est en effet considéré, du fait de l'accord du salarié, comme un départ volontaire de ce dernier.

Le salarié doit, de son côté, prendre conscience que cette situation n'est satisfaisante ni pour lui, ni pour l'entreprise. Il sera alors en position de prendre acte de son insatisfaction et sera amené à envisager d'autres solutions. Il est souvent constaté que les salariés réfléchissent sérieusement aux alternatives s'ils ont conscience que des solutions existent. Il faut responsabiliser le salarié qui ne peut indéfiniment reprocher ses propres turpitudes au " système " ou à la société qui l'emploie.

 

     
 
 

CONCLUSION menu

Nous avons vu que le processus de motivation est un processus complexe. Nous savons déjà beaucoup sur le sujet mais il reste encore beaucoup à apprendre. Cette problématique doit donc rester dans l'esprit des directions de ressources humaines qui devront constamment mesurer l'efficacité de leurs méthodes de motivation et les remettre en question.
Il n'est pas excessif d'affirmer que la motivation du personnel, et plus particulièrement la motivation du personnel front office, doit être un des objectifs que les sociétés de services doivent s'efforcer d'atteindre. Ce n'est qu'à ce prix qu'elles pourront atteindre d'autres objectifs, tel que la fidélisation de leur clientèle, et qu'elles pourront prospérer.


SOURCES menu

 

 

V O T R E  A V I S
 
 
 

 

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