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Quatre générations pour administrer
une enquête
Depuis son origine, le monde des études a vu se succéder quatre
grandes générations de moyens d’administration :
- le face à face
- le postal
- le téléphone
- l’Internet
Chacun offre des avantages incontestables mais le couplage de
ces différents moyens représente un facteur clé de succès et l’avenir
du monde des études.
Malgré des périodes de création fort éloignées, l’Internet et
le postal partagent le même mode de recueil : « l’auto-administré ».
Ils ne nécessitent effectivement aucun intervenant extérieur pour
remplir l’enquête. Ils obéissent d’ailleurs à des règles précises
sur la construction de l’enquête : un fil directeur tout
du long, des aides pour répondre aux questions, des mots simples,
un langage abscons à proscrire sauf dans le cas d’enquêtes d’experts.
Telles sont les recommandations de base, si vous souhaitez maximiser
les taux de réponses de vos enquêtes.
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Avantages et inconvénients des différents
moyens d’administration
On ne saurait être exhaustif vis-à-vis des avantages et des inconvénients
de chacun de ces moyens d’administration (cf. tableau synthétique
ci-après). Notons simplement qu’au final, le commanditaire de
l’étude reste toujours le seul juge du choix du moyen d’administration
en fonction des objectifs indiqués dans son "brief"
(cahier des charges).
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Moyen d’administration
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Avantages
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Inconvénients
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Face à face
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- Possibilité de montrer des textes, des visuels, du son,
de la vidéo, des produits ...
- Pouvoir relancer l’entretien, expliquer, vérifier la
bonne compréhension des questions par le répondant
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- Le coût
- La difficulté de couvrir une zone géographique étendue
- Influence(s) possible(s) de l’enquêteur
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Postal
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- La personne répond quand elle le souhaite et à son rythme.
- Pas d’influence de l’enquêteur
- La dispersion géographique, il est désormais facile
de mener une enquête sur l’ensemble du territoire national
par exemple
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- Les temps de réponse élevés.
- Les faibles taux de retour
- Ne pas être sûr de l’identité de la personne qui répond
- Les biais dus à la mauvaise compréhension des questions
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Téléphone
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- Dispersion géographique facile
- Rapidité
- Possibilité de relancer l’entretien, d’expliquer
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- Influence(s) possible(s) de l’enquêteur
- Impossibilité de poser des questions qui nécessitent
de la mémorisation : nombre importants d’items, échelles
...
- Il est impossible de montrer des images, de la vidéo.
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Internet
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- Rapidité
- Coût
- Dispersion géographique facile
- Eléments multimédia
- Filtres, tests de cohérence, balisage des questions,
rotations des items, redirection ...
- Affichage progressif, menus déroulants, curseurs, fonctions
interactives
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- L’identité du répondant n’est pas vérifiable.
- Les biais des questions renforcées par le mode auto-administré,
il existe néanmoins des solutions : par exemple utiliser
des aides c'est-à-dire des indications sous le libellé
de la question.
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Le coût et la rapidité, éléments les plus souvent
cités pour mettre en avant les enquêtes en ligne, ne sont néanmoins
pas les seuls paramètres à prendre en compte. L’enquête sur Internet
présente de nouveaux avantages spécifiques : l’interactivité
du questionnaire, la facilité de mettre en place des baromètres
...
Internet quels changements pour les études ?
Représentativité et fiabilité
Le débat des études sur Internet avait été initialement placé
sur les questions de la représentativité des échantillons et
de la fiabilité des résultats. Hormis la population des seniors
dont le manque de représentativité est encore présent, le développement
du haut débit en France et dans l’ensemble des pays industrialisés,
laisse espérer des prévisions de développement au beau fixe dans
le secteur des enquêtes en ligne. Aux USA plus d’un quart des
études sont désormais faites en ligne. Si la France a accusé un
certain retard, fin 2004, le pourcentage des études en ligne représentait
alors environ 5% du marché, les 18 derniers mois ont connu une
forte progression. Les statistiques du prochain salon des études,
courant novembre 2006, sont donc très attendues pour confirmer
par des chiffres ce nouveau contexte.
Pour sa part, la fiabilité a été maintes fois prouvée par les
grands cabinets d’études américains. En 2005, AC-Nielsen, a ainsi
mené une enquête d’usages et d’attitudes sur des échantillons
similaires, utilisant chacun un mode d’administration différent
: le téléphone et l’Internet. En conclusion, des résultats quasiment
équivalents sur les deux échantillons ont été constatés. Fait
à signaler doublement, cette caractéristique est déjà rare même
sur une enquête téléphonique identique menée auprès de deux échantillons.
Internet: un média avec un répondant inscrit dans la culture
de l’écrit
Internet change le mode des études, au niveau des fonctionnalités,
des clients et des répondants. La responsabilité du questionnaire
se trouve alors transférée de l’enquêteur vers l’enquêté.
Les modalités de gestion et d’interrogation sont grandement simplifiées.
La centralisation du moteur d’enquêtes sur un serveur web facilite
effectivement le suivi régulier des retours et offre un accès
sécurisé en temps réel depuis n’importe quel poste, 24h/24h et
7j/7j. Les enquêtes en ligne présentent aussi la spécificité d’interroger
facilement, de façon récurrente et de segmenter de manière plus
précise. L’un des moyens de promotion, l’adresse email, est d’ailleurs
idéale pour établir des contacts successifs. On commence ainsi
par une première enquête de « débroussaillage » fondée
sur des questions qualifiantes pour ensuite administrer une série
d’enquêtes aux répondants qualifiés précédemment.
Les retours en provenance des USA soulignent une très bonne qualité
au niveau des questions ouvertes ou des verbatims associés. L’Internet
est effectivement un média intrinsèquement relationnel, interactif,
c’est un espace naturel d’expression. L’usage du courrier
électronique, les forums, les blogs, la messagerie instantanée
ont remis au goût du jour l’écrit, les internautes sont désormais
habitués à s’exprimer. La confidentialité des réponses et l’anonymat
des répondants renforcent encore plus significativement cette
qualité de réponses.
La convergence du qualitatif et du quantitatif
La distinction entre le qualitatif et le quantitatif n’est pas
d’origine méthodologique mais est uniquement imputable aux problèmes
du temps de traitement et de complexité des questions ouvertes
lorsque l’informatique n’existait pas encore. Aucune autre raison
ne corrobore cet état de fait.
En 2006, cette différence n’a plus de raison d’être. Les techniques
d’analyses lexicales permettent d’automatiser le traitement des
questions ouvertes, la convergence quantitative et qualitative
au sein d’une même enquête ne connaît désormais plus aucun obstacle.
Un avantage financier majeur des enquêtes en ligne réside dans
l’acquisition à un coût marginal quasiment nul d’un nouveau répondant.
Les enquêtes sur Internet de par la qualité des réponses aux questions
ouvertes et le coût nul ou quasiment nul d’un nouveau répondant
représentent une des pierres fondatrices de la convergence entre
le qualitatif et le quantitatif. A l’ère des technologies de l’information
et de la communication, l’opposition entre le qualitatif et le
quantitatif ne semble plus très pertinente.
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