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Marketing strategique, cours marketing et SI Marketing
 
  Le Marketing des NTIC, des nouvelles technologies de l’information. Y-a-t-il un sujet qui fasse plus rêver, un sujet plus intéressant ? Même après l’éclatement de la bulle, les nouvelles technologies continuent à fasciner nos contemporains.  

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  LE M A R K E T I N G  D E S  N T I C (XI - Exemples concrets [3])  
 
   
 

Quelques exemples concrets (3)

(2)   B2C2B PME : Etude en ligne Viafax openbox :

Voici un cas déjà évoqué à de nombreuses reprises et notamment dans le cadre de notre méthodologie d’enquêtes sur Internet [107] . Nous n’en répétons pas ici les détails mais nous appesantissons sur les enseignements qu’il faut en tirer. Autant l’exemple 1 nous permettait-il de comprendre que les études sur des sujets avec effet de « halo » sont hasardeuses, autant ce deuxième exemple semble-t-il apporter un embryon de réponse à ce problème. Car s’il est difficile d’appréhender un concept étranger, il est facile au contraire de se référer à une de ses expériences (surtout si elle est mauvaise) et d’exprimer ses frustrations par rapport à cette expérience.

 
   


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Figure 50 : la messagerie unifiée, un concept qui explicite mal un service très utile 

Figure 50 : la messagerie unifiée, un concept qui explicite mal un service très utile 

La messagerie unifiée (intitulée viafax openbox en 1999-2000) était un concept incompris des utilisateurs ; c’est probablement d’ailleurs encore le cas. Nos premières tentatives de relance de ce service « enfant à problèmes » avaient pris une forme bien naturelle. Nous avions trouvé la solution : « Donnons le produit à quelques enthousiastes » nous disions-nous à l’époque, et nous testerons les réactions des utilisateurs grâce au dispositif d’enquêtes marketing que nous avions mis en place [108] . Le résultat fut en fait désastreux. Donner un service gratuitement est en effet une bonne tactique si la notoriété de ce service est importante. Dans le cas contraire, qui prévalait ici, les utilisateurs volontaires étaient peu nombreux. Pire, parmi ceux qui se déclaraient, moins de 1 sur 10 utilisait véritablement le service et était capable d’en parler, les autres finissaient par oublier. Denis Failly [109]   nous a confié une expérience similaire sur la gestion des bases de données de Caramail, le service gratuit d’e-mails (entre-temps racheté par Lycos [110] où 20% des e-mails seulement seraient actifs (soit environ 2 millions au lieu des 10 annoncés).

C’est pour cette raison que nous avons opté pour une méthode directe – ce que nous avons décrit comme « du marketing créatique » précédemment, c’est-à-dire que nous avons vendu le produit puis tenté de l’améliorer via un questionnaire en ligne administré en temps réel, ce qui a diminué drastiquement les coûts de conception et d’autre part a permis d’améliorer la qualité du service de façon quasi instantanée et sur la base de feed-back d’utilisateurs réellement motivés (puisqu’ils avaient acheté le service.) Cette enquête permanente « à chaud » était complétée périodiquement par des études post-utilisation.

En guise de conclusion sur cet exemple, relevons tout d’abord qu’il n’existe pas de solution miracle, de méthodologie en forme de panacée du pré-test produit. Les modèles de prédictibilité sont inopérants dans la sphère des NTIC ; il faut donc leur préférer l’adaptabilité. Deuxièmement, cet exemple nous a appris à nous méfier des prétests gratuits : D’une part, l’utilisateur n’est pas toujours le payeur [111] , ensuite, l’essai gratuit n’est pas forcément plus efficace, ni même – paradoxalement – plus facile à déployer, et enfin il coûte à l’évidence cher. Le test payant est quant à lui plus impliquant et il offre en outre la possibilité de tester la vente du produit (argumentaire, résilience du marché, canal de vente privilégié, etc.) aussi bien que le produit lui-même. Cette approche payante, dans tous les sens du terme, permet – couplée à des études de marché en ligne [112] – de bien préparer le lancement d’un nouveau service.

(3)   B2B : viaconferencing.com, la webconférence de France Télécom

Le lancement du service de webconference de France Télécom nous a également renforcés dans les enseignements acquis lors des expériences précédemment citées.

Pour un lancement de service sur une grande échelle, une étude lourde en pré-test s’imposait, du moins afin d’alimenter le dossier de lancement de produit. Il s’agit d’une tâche très lourde qui a monopolisé nos équipes et une équipe de consultants afin de sonder au plus près les besoins et les usages – Recrutement de client pilotes (une nouvelle fois, le modèle payant, avec l’instauration de prix de lancement spéciaux, s’est révélé être le plus efficace), semi-directifs, directifs, questionnaires en ligne, tout ou presque a été utilisé afin de cerner au mieux les besoins de nos clients potentiels. Malgré un travail intense de plusieurs mois – et un investissement méthodologique non négligeable – cette étude lourde ne permit pas de mieux comprendre les besoins des utilisateurs potentiels. Son coût en outre, et malgré optimisation, finit par égaler quasiment celui du produit lui-même.

Ceci non pour jeter le discrédit sur les études de marché – nous ne répèterons jamais assez leur utilité – mais pour dire que celle-ci aurait été plus efficace si elle avait été décalée de 6 à 8 mois dans le temps, soit après le lancement du produit. C’est d’une certaine manière ce qui a été fait à travers l’adjonction d’un questionnaire en fin d’utilisation du produit (pop-up), qui permet de saisir les réactions des utilisateurs du service, en distinguant  en outre les utilisateurs participants des organisateurs (et parfois acheteurs). On saisit donc bien ici à la fois l’intérêt et la frustration générés par une telle étude, qui en fin de compte ne permet pas de réduire le risque supporté par le marketeur des NTIC.

(4)   B2B dans les grands comptes, le marketing des partenariats

Figure: Faire travailler loups & agneaux ensemble
Figure 51 : Faire travailler loups & agneaux ensemble

Une de nos expériences les plus récentes nous a amené à développer une approche partenariale à très haut niveau dans le milieu des grands comptes. Ce type de travail est également du ressort du marketing car il amène à manipuler des concepts et à accompagner l’action (souvent très près de l’action, et il se transforme alors en « business development »). Un certain nombre de règles ont pu être dégagées de notre travail, issues de notre expérience et de celle de collègues travaillant dans les mêmes domaines.

1)       Travailler à un niveau stratégique 

Viser des objectifs ambitieux de chiffres d’affaires et en déduire les moyens associés. Eviter de se lancer à corps perdu dans des alignements commerciaux à trop bas niveau. Ne croyez pas à la réplication des bonnes affaires sans la vision marketing qui va avec. Toute affaire en grand compte est un cas particulier; on ne généralise pas facilement des cas particuliers.

2)       Fixer des objectifs ambitieux et chiffrés

Evitez les partenariats mous à base de « MOU [113]  » trop vagues. Travaillez sur base de  benchmarking –lorsque cela est possible- pour vous comparer à vos concurrents. Etudiez avec vos partenaires ce qu’ils ont fait avec vos concurrents sur d’autres territoires et copiez les bonnes pratiques.

3)       Ni trop bas, ni trop haut… et au bon moment

Evitez d’impliquer les « executive sponsors » trop rapidement si vous voulez éviter les discussions trop générales. Il faut placer les décideurs devant des choix binaires et faciles.

4)       Prévoyez et mettez en place une gouvernance forte

Une gouvernance à plusieurs niveaux de responsabilité est un facteur critique de succès très important. Il assure également l’implication forte des managers qui pourront vous prêter main-forte en cas de problème.

5)       Pas de partenariat sans Alliance Partner

Sans une implication forte des deux côtés, sans binôme, rien n’est possible. Si vous tentez une alliance avec un partenaire, et qu’en face de vous vous avez un allié, vos chances sont maximales. Dans le cas contraire, insistez pour qu’il soit nommé.

6)       Pas de partenariat sans respect

Dans tout partenariat, dans toute transaction, il y a des limites. Il faut bien délimiter ces frontières (géographie, produits, secteurs…) surtout, il faut un respect mutuel. Il n’existe pas de bons partenariats basés sur le mépris. En conclusion, un partenaire s’éduque de la même façon qu’un client.

7)       Ne sous-estimez pas le business croisé

Tentez d’oublier que votre partenaire est un client et que vous êtes aussi son fournisseur, et vous trouverez toujours quelqu’un pour vous le rappeler. Les points de négociation durs dans le cadre d’achats complexes sont le régal de l’Alliance Partner. Plus les négociations sont dures et plus on s’éloignera du partenariat mou décrié plus haut.

8)       Impliquez les juristes ... ni trop, ni trop tôt.

Ne compliquez pas les accords qui reposent sur la confiance par des clauses juridiques trop strictes. Cadrez juridiquement une fois que le business est sur les rails, et utilisez le contrat pour sceller un accord dont les bases sont déjà solides.

9)       Ne vous découragez pas

Cela vaut pour toute activité bien sûr, mais celle-ci peut se montrer particulièrement consommatrice d’énergie.

10)   Utilisez les « chevilles ouvrières »

Oubliez les livres de management qui vous feront croire que les organigrammes sont le reflet des organisations. Jouez le réseau et visez les membres actifs – même les « sans-grades » – qui font avancer les choses.

11)   Communiquez !

En interne, en externe, communiquez sur vos partenariats. Partagez l’information, assurez-vous de l’appropriation de vos programmes de partenariat par tous les acteurs.

12)   Adoptez des démarches programmatiques

Une alliance est un projet. Souvent même, il s’agit de projets à l’intérieur d’un grand programme. Oubliez les actions isolées. Le « partenariat sur affaires » n’existe pas, c’est une contradiction dans les termes. Parlez plutôt de programme d’alliance en génération d’affaires

13)   Utilisez les billards en 3 ou 4 bandes ou plus

Attirez les autres partenaires au travers de vos programmes. Vous réaliserez des actions à 3 ou 4 ou plus, et gagnerez en impact.

14)   Soyez concrets

Evitez les séances de « slidewares [114]  » trop intellectuelles. Et prévoyez les retombées en chiffre d’affaire à court terme.

15)   Organisez des événements clients en commun

Valorisez vos partenariats en organisant des événements communs vers vos clients et ceux de vos partenaires. Vous améliorerez ainsi la prospection.

16)   Segmentez et labellisez

Ne mélangez pas partenariat pour revente, alliance marketing, alignement commercial… et labellisez les partenaires les plus méritants.

Note importante : Cette liste de 16 conseils non exhaustive, peut et doit être adaptée à chaque cas particulier.

(5) B2B Grands comptes : cadrage stratetique

Le cadrage stratégique, déjà copieusement décrit dans ce document et sur notre site Web [115] , permet de répondre à des questions très en amont des implémentations de SI Marketing (quels positionnements pour quels clients, quelle pertinence pour quels outils…) ou même de programmes de management commerciaux (quelle organisation commerciale, comment vendre par la valeur, etc.) Nous recommandons cette méthode pour cadrer les missions – aussi bien externes qu’internes – afin de soulever les ambiguïtés et cadrer objectifs et moyens. Il n’y a pas d’efficacité marketing sans cadrage.

 

Sommaire
Ière partie (Introduction et réflexions liminaires)
IIème partie (Définition & principes de base)
IIIème partie (Segmentation du Mktg des NTIC)
IVème partie (Marketing des Projets ou Projets de Marketing ?)
Vème partie (Caractéristiques méthodologiques des projets d’innovation)
VIème partie (Outils méthodologiques: Les cycles de vie)
VIIème partie (Outils méthodologiques: suite)
VIIIème partie (Le Marketing stratégique 1/2)
IXème partie (Le Marketing stratégique 2/2)
Xème partie (Quelques exemples concrets 1/3)
XIème partie (Quelques exemples concrets 2/3)
XIIème partie (Quelques exemples concrets 3/3)
    
 
 


[107] Voir http://visionarymarketing.com.fwelcom.html et choisir le chapitre dédié aux études en ligne.

[108] Voir notre cours sur les études en ligne (Ibid).

[109] Voir l’excellent article de Denis Failly intitulé De l’usage de la métaphore pour penser la connaissance client sur http://www.visionarymarketing.com/articles/htoh.htm

[111]   Voir Figure 11: Circuit de décision autour de la mobilité (Document Unisys)

[112] voir http.//visionarymarketing.com  Ibid.

[113] Mémorandum of understanding : Accord à très haut niveau d’échange entre deux sociétés.

[114] Documents de travail sur Powerpoint

     
 
     

 

V O T R E  A V I S
 
 
 

 

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