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Marketing strategique, cours marketing et SI Marketing
 
 

Le Marketing des NTIC, des nouvelles technologies de l’information. Y-a-t-il un sujet qui fasse plus rêver, un sujet plus intéressant ? Même après l’éclatement de la bulle, les nouvelles technologies continuent à fasciner nos contemporains.

 

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  LE M A R K E T I N G  D E S  N T I C  (III - Segmentation du Mktg des NTIC)  
 
   
 

Segmentation du Marketing des NTIC

 
   


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Cartographie du Marketing des NTIC

Cartographie du Marketing des NTIC

Figure 8 : Segmentation des NTIC

Dans le schéma ci-dessus, nous avons tenté de représenter quelques exemples d'objets de Marketing des NTIC selon deux axes : d'une part le type de clientèle (grand public, PME ou grands comptes), d'autre part le critère de personnalisation des services produits vendus. Sur ce schéma ne figurent point les clients micro-entreprises, pourtant différents du Grand public, mais également des clients entreprises plus importants (PME ou grands comptes). Deux tendances lourdes nous frappent : d'une part la pénétration sur les marchés grands publics avec une perméabilité de plus en plus importante des produits professionnels sur des cibles qui ne leur étaient pas destinées. En 2003 en France, plus de la moitié des ordinateurs personnels sont vendus en grande surface généraliste. Parmi ces produits, de nombreux produits de qualité professionnelle, qui n'ont rien à envier aux produits utilisés dans les entreprises par les cadres, d'autant plus que ce sont souvent les mêmes.

Autre exemple, la percée spectaculaire des imprimantes multifonctions (fax, imprimantes, photocopieuse) à l'origine prévues pour les PME, et qui s'adressent également aujourd'hui au grand public. La deuxième tendance lourde est en sens inverse. Alors qu'il est d'usage d'attribuer le sur-mesure aux clients grands comptes et de l'opposer aux produits standardisés de la masse, force est de constater aujourd'hui un mouvement de banalisation généralisée d'un ensemble de services autrefois considérés comme spécifiques et professionnel de très haut de gamme. Nous assistons par exemple à une véritable crise du logiciel dont nous voyons aujourd'hui que les soubresauts des cycles courts au sein d'une évolution plus large. L’industrie du logiciel, autrefois toute entière tournée vers le sur-mesure, après un passage assez long autour de l'adaptation des ERP et dont nous ne sommes pas encore complètement sortis, s'oriente de plus en plus vers la standardisation et l'utilisation des meilleures pratiques. Mais cette standardisation ne s’effectue plus au travers du benchmarking des processus (ce que l'on appelait Business Process Re-engineering ou BPR dans la deuxième moitié des années 90) ; ces meilleures pratiques – incluses dans le logiciel lui-même du fait des améliorations successives apportées par ses premiers clients – sont appliquées directement via l’implémentation du logiciel [24] .

Bien entendu, comme toute tendance lourde, surtout quand elle est vue longtemps à l’avance, il y a danger de caricature. Mais force est de constater que nombre de SSII, parmi les plus prestigieuses, sont à la recherche d'un nouveau business model ;ce nouveau business model est au centre de toutes les préoccupations, avec une montée impressionnante de la banalisation du logiciel au travers des pratiques d'offshoring mais aussi et surtout de nearshoring [25] .

Cette banalisation apparaît clairement lorsque les chiffres sont énoncés. Quant à la France, déjà 5% des projets seraient des projets offshore, ne représentant que 1% du chiffre d’affaires du secteur [26] . Aux Etats-Unis, selon les prédictions IDC, l’offshore n’est pas un phénomène de mode et il est bien implanté : “In 2004, the value of IT services provided to U.S. businesses through offshore labor will double to $16 billion. In the subsequent three years it will almost triple yet again to $46 billion, capturing almost one-quarter of the U.S. opportunity” [27] .

A titre d’information, $8 milliards correspond au chiffre d’affaires de CGE&Y dans le monde en 2001. Ce qui fait dire à certains américains que le métier d’informaticien n’est plus un métier d’avenir, plus un métier à conseiller à ses enfants [28] .

Si on observe donc une certaine perméabilité des domaines (masse et sur-mesure, grand public et entreprise) en termes de produits et de services, les modes de commercialisation et de Marketing n’en restent pas moins très différenciés.

Tentative de typologie des différents Marketing des NTIC

Sans vouloir saouler le lecteur de terminologie absconse, nous avons tenté de lister quelques un des types les plus répandus de Marketing dans les NTIC :

·         B2C (business to consumer ou Marketing de la grande consommation)

o        Ce type de Marketing, le plus connu et le plus répandu, est un Marketing de masse, inspiré du  Marketing de la consommation habituel, à ceci près qu'il va s'orienter sur des produits ou des services durables ou semi durables. Avec l’explosion des nouvelles technologies à destination du grand public, ce type de Marketing tend à se rapprocher inexorablement du Marketing utilisé dans les produits de grande consommation moins technologiques comme les appareils ménagers ou surtout les produits dits « bruns » (téléviseurs, chaînes hi-fi, ...). C'est tellement vrai, que les produits de cette dernière catégorie et les produits plus traditionnels des NTIC (ordinateur, assistant personnel,...) tendent à fusionner pour produire les appareils hybrides, mêlant le multimédia haut de gamme à la puissance informatique, et vice versa dans le cadre de systèmes de plus en plus sophistiqués liés à la diffusion du son et surtout des images, et qui recourent de plus en plus communément la technologie sans fils. A tel point qu’en à peine 3 ans, la bonne vieille chaîne hi-fi a été – probablement définitivement – reléguée au musée [29] .

·         B2B (Business to Business)

o        Ce type de Marketing s’adresse aux professionnels. Il s’agit également d’un type de Marketing connu de tous. Moins connue est la nécessaire différenciation qu’il faut établir entre le Marketing qui s’adresse aux PME, aux Sohos et aux grandes entreprises. Les grandes entreprises, souvent en nombre très restreint sont souvent des entreprises internationales. Elles requièrent des relations privilégiées et personnalisées. Qui plus est, les ventes aux grandes entreprises mobilisent des équipes conséquentes et qui comportent jusqu’à des dizaines personnes (vente, business consultants, technico commerciaux, service client, livraison, facturation, …) et cela se comprend car les chiffres d’affaires des ces comptes peuvent parfois atteindre des sommes de l’ordre de la centaine de millions d’euros, ce qui justifie un tel investissement commercial. Les PMEs sont quant à elles assez difficiles à circonscrire ;d’une part toutes les entreprises n’ont pas les mêmes critères pour segmenter les PME (taille en nombre d’employés, chiffre d’affaires, présence internationale, appartenance à un groupe,…) ;d’autre part du fait de la grande hétérogénéité de cette population. Qu’y a-t-il en effet de comparable entre une entreprise de 15 personnes indépendante et une autre de 500 personnes sur 3 sites et affiliée à un grand groupe international ?

En fin de compte, quasiment rien. Marketer des services ou des produits à des PME est un sujet en soi car il nécessite une segmentation au sein de la segmentation et donc il peut varier du tout au tout, depuis la frontière du Marketing grand public, jusqu’à celle du Marketing des grands comptes. En fin de compte, au bas de la segmentation des PME, on trouve les micro entreprises, les clients Sohos dont les comportements d’achats et les contraintes se rapprochent de ceux du grand public. Plus les clients seront petits, plus le Marketing des NTIC recourra aux techniques de Marketing direct afin de maximiser les contacts tout en minimisant les coûts.

·         B2E (Business to employees)

o        Le Marketing B2E est un peu moins connu que les 2 types de Marketing précités. Il s’agit des services proposés aux employés des entreprise. Un exemple remarquable a été créé par Dominique Beaulieu d’Affiniteam (renommé Accor-Services depuis son rachat par la grande société de Tourisme)  sous la bannière du Marketing des Cliemployés [30] .

·         C2C (Consumer to Consumer)

o        Où comment construire une communauté où les utilisateurs parlent aux utilisateurs. Avec l’excellent Amazon Friends et son système de valorisation de ses propres clients. 

 

Amazon Friends : Exemple de C2C

Figure 9 : Amazon Friends : le hit parade des critiques amateurs

·         B2C2B (Business to Consumer to Business)

o        Moins évident au prime abord, il s’agit pourtant d’une méthode de plus en plus pratiquée. Citons simplement Intel qui au travers de ses labels (mais aussi de son financement des publicités des fabricants d’ordinateurs) influence les choix des industriels par les messages qu’il instille auprès du grand-public [31] .

Les logos qui font vendre   Les logos qui font Vendre

Figure 10 : Les logos qui font vendre

·         C2B (Consumer to Businesses)

o        Citons le chercheur en Marketing Italien Giancarlo Livraghi [32]  : ‘L’activité la plus importante dans l’e-commerce n’est pas la vente. C’est l’achat. Bien souvent, cela ne se limite même pas à un acte d’achat, mais englobe un travail de comparaison, d’analyse du rapport qualité/prix avant l’achat dans des points de vente plus traditionnels. Quand on évoque le retournement du rapport de force en faveur du client, il ne s’agit pas de théorie mais d’une réalité de tous les jours ».

·         Note : Cette liste des différents types de Marketing n’est volontairement pas exhaustive.

Exemple de complexité en Marketing B2B : La mobilité en entreprise

Circuit de décision autour de la mobilité

Figure 11 : Circuit de décision autour de la mobilité

Le sujet de la mobilité en entreprise est un sujet qui donne un bon exemple de la très grande complexité du Marketing B2B. On y retrouve tous les ingrédients typiques du Marketing professionnel : les utilisateurs ne sont pas forcément les acheteurs ; les motivations des différents acteurs (utilisateurs, prescripteurs, décideurs) sont toutes différentes, voire contradictoires. Il existe un grand nombre d'influenceurs, dont certains se trouvent complètement en dehors de la sphère professionnelle. Non négligeable, un certain nombre de désirs ou besoins inavoués, dont le marketeur doit savoir jouer, même de façon cachée. Enfin et surtout, on n'oubliera pas les influenceurs externes qui échappent de façon quasi totale à l'approche directe et qui sont pourtant fondamentaux dans l'acte de vente.

 
 
Sommaire
Ière partie (Introduction et réflexions liminaires)
IIème partie (Définition & principes de base)
IIIème partie (Segmentation du Mktg des NTIC)
IVème partie (Marketing des Projets ou Projets de Marketing ?)
Vème partie (Caractéristiques méthodologiques des projets d’innovation)
VIème partie (Outils méthodologiques: Les cycles de vie)
VIIème partie (Outils méthodologiques: suite)
VIIIème partie (Le Marketing stratégique 1/2)
IXème partie (Le Marketing stratégique 2/2)
Xème partie (Quelques exemples concrets 1/3)
XIème partie (Quelques exemples concrets 2/3)
XIIème partie (Quelques exemples concrets 3/3)
 
   

[24] Lire IT Does not matter, dont j’ai réalisé un résumé sur http://www.visionaryMarketing.com/articles/IT-doesnt-matter.html où le texte intégral et un débat sont disponibles. Voir également les commentaires et critiques de Michel Volle sur http://www.volle.com/opinion/strategieinformatique.htm

[25] Définition du Nearshore (source http://searchcio.techtarget.com/) : “Nearshore outsourcing is the practice of getting work done or services performed by people in neighboring countries rather than in your own country. Many companies in the United States, for example, outsource work to Canada and Mexico. Geographic proximity means that travel and communications are easier and less expensive, there are likely to be at least some commonalities between the cultures, and people are more likely to speak the same language”. En d’autres mots, le nearshore est la même pratique que l’offshore mais pratiqué dans des pays plus proches. Pour la France, l’essentiel des développements nearshore se réalisent  en Espagne, comme pour CGE&Y qui a installé son usine de développement à Madrid (l’usine Offshore est à Mumbai en Inde).

[26] Chiffres non vérifiés

[27] Source, IDC Predictions 2004: New IT Growth Wave, New Game Plan Insight #30499 - Dec 2003 by Frank Gens. Voir également le dossier consacré à ce sujet par The Economist, Special Report Offshoring, Decembre 13th 2003, pp79-82

[28] Lire le passionnant débat sur ce sujet sur le Klog (Knowledge Weblog) de Phil Wolff A Klog Apart à l’adresse http://dijest.com/aka/ sur le sujet « Where does IT go from here? » (accès direct à la bonne page sur http://dijest.com/aka/2003/11/03.html). Tout est parti de l’article de Shelley Powers « The state of Geek Part I : Temp jobs, no health  » disponible aujourd’hui à l’adresse http://weblog.burningbird.net et dont la phrase "Mama, don't let your babies grow up to be IT workers.." a frappé l’imagination de quelques bloggers. Elle reflète un état d’esprit répandu aux Etats-Unis en ce moment où le désenchantement est grand à l’issue de l’éclatement de la bulle Internet.

[29] Lire The sound of the stereo fades into history, By Simon London Financial Times, Nov 18, 2003 (Music is everywhere - on computers, portable players, home theatre systems, mobile phones. Sales in the US of home audio...)

[31] Voir http://news.com.com/2100-1005_3-986320.html qui explique comment les fournisseurs de laptop se sont faits piéger par le Marketing B2B2C d’Intel au point de réduire le choix offert aux clients.

 

 

V O T R E  A V I S
 
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